L'efficacité des ZEP en question
C'est la réouverture d'un chantier à haut risque qu'a annoncée, jeudi 1er décembre, le premier ministre, avec la relance des zones d'éducation prioritaires (ZEP). Coupant court aux déclarations du ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, qui avait estimé qu'il fallait "déposer le bilan des ZEP", Dominique de Villepin a estimé qu'il fallait "les renforcer". Le gouvernement y voit un moyen de favoriser l'égalité des chances, au lendemain de la crise des banlieues.
Le ministre de l'éducation nationale, Gilles de Robien, doit, d'ici à la mi-décembre, présenter un plan pour la rentrée 2006. Le premier ministre lui a fixé sa feuille de route : "Concentrer les moyens sur les établissements où les difficultés sont les plus lourdes."
Au fil des réformes et des gouvernements, les établissements classés en ZEP se sont multipliés, entraînant une dilution des moyens et une perte d'efficacité. Lancée par la gauche en juillet 1981, cette politique de "discrimination positive" mise en oeuvre par Alain Savary, alors ministre de l'éducation nationale, entendait lutter contre l'échec scolaire et "faire plus pour ceux qui ont moins".
Dès la rentrée 1982, écoles, collèges et lycées professionnels les plus en difficulté reçoivent des moyens pédagogiques supplémentaires et bénéficient d'une baisse du nombre d'élèves par classe. A charge pour eux, avec leurs partenaires, collectivités locales, associations et services sociaux, "d'aider les jeunes à passer de l'échec à l'espoir".
SIGNES D'ESSOUFFLEMENT
A l'époque, le travail de repérage des établissements prend en compte les caractéristiques scolaires des établissements (taux de préscolarisation, retard en 5e, taux d'accès en classe de 3e générale), mais aussi des données économiques, démographiques, sociales et culturelles (taux de chômage, qualité de l'habitat, niveau de formation de la population du quartier, etc.).
Très vite, les ZEP montrent des signes d'essoufflement. Elles n'apportent pas les résultats escomptés. En 1984, Jean-Pierre Chevènement, installé rue de Grenelle, plaide pour un recentrage sur les apprentissages fondamentaux en ZEP. En 1990, Lionel Jospin, devenu ministre de l'éducation nationale, se lance dans une réforme d'ampleur. Elle prévoit la création, dans chaque ZEP, d'un poste de coordonnateur et revalorise le métier d'enseignant dans ces zones difficiles avec la création d'une "indemnité de sujétion spéciale". Le nombre de ZEP est passé de 362 en 1982 à plus de 500.
En 1997, Ségolène Royal, ministre déléguée à l'enseignement scolaire, remet l'ouvrage sur le métier. Elle se fonde sur le diagnostic de deux inspecteurs généraux, Catherine Moisan et Jacky Simon, qui préconisent un ajustement de la carte, davantage d'évaluation et de pilotage, ainsi qu'un recentrage des contenus d'enseignement. Des assises nationales se tiennent à Rouen, en juin 1998. A cette occasion, Lionel Jospin, devenu premier ministre, insiste sur la nécessité de revoir leur implantation, déplorant que 39 % des collégiens de la Nièvre soient en ZEP, contre 19 % en Seine-Saint-Denis. "C'est une question qui doit être réglée pour la rentrée 1999", tranche-t-il.
C'est sans compter avec les résistances des parents d'élèves, des élus locaux et des enseignants, inquiets à l'idée de perdre le label et les moyens pédagogiques et — pour les enseignants — les indemnités qui vont avec. Le nombre de ZEP passe de 558 en 1997 à 670 en 1999. Sont, en outre, créés des réseaux d'éducation prioritaire, les REP, sorte de catégorie intermédiaire entre ZEP et non-ZEP.
"UN VRAI PILOTAGE"
Aujourd'hui, on compte 911 REP et ZEP (707), qui rassemblent près d'un écolier ou collégien sur cinq. Selon le ministère de l'éducation, les établissements concernés reçoivent en moyenne 10 % de postes d'enseignant et de crédits pédagogiques supplémentaires, et bénéficient d'environ deux élèves en moins par classe. Mais les résultats scolaires y restent faibles. A la fin du collège, plus d'un quart des élèves de ZEP ne maîtrisent pas ou maîtrisent mal les compétences générales requises par les programmes (contre 15 % des élèves hors ZEP). En septembre, une étude publiée par l'Insee sur la période 1982-1992 indiquait que les ZEP n'avaient eu aucun impact sur la réussite des élèves.
Faut-il, pour autant, "déposer le bilan" ? Les experts affirment qu'elles ont évité que les élèves les plus en difficulté s'enfoncent davantage et que les écarts se creusent, alors que les conditions sociales et scolaires se dégradaient.
L'allégement de la carte apparaît — une fois de plus — comme la solution pour sortir de l'impasse. "Il faut arrêter le saupoudrage des moyens et mettre le paquet sur les 5 % d'élèves les plus en difficulté", préconise le président de l'Observatoire des zones prioritaires (OZT), Nicolas Renard, principal du collège André-Malraux, dans la ZEP d'Asnières (Hauts-de-Seine). "Il faut mettre en oeuvre un vrai pilotage, poursuit-il. Cela ne peut pas fonctionner si chaque ZEP est laissée face à elle-même, comme c'est le cas depuis quatre ans."
Réduire le nombre de zones permettrait, en concentrant les moyens, de diminuer de manière plus significative les effectifs des classes. "Pour être efficace, il faudrait ramener le nombre des élèves de ZEP à 18 par classe", estime l'économiste Thomas Piketty, directeur d'étude à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Dans une étude récente, il montre l'impact positif sur les résultats scolaires d'une telle mesure en CE1. Prochainement, le chercheur devrait publier une nouvelle étude concernant, cette fois, le collège. "Il semblerait que les effets de diminution des classes y soient moins forts, explique-t-il. Dans ce cas, ce serait donc au niveau de l'école primaire qu'il faudrait concentrer les efforts."
Le gouvernement parviendra-t-il à mener à bien ce chantier ? "On essaie de voir comment la révision de la carte pourrait être mise en oeuvre le moins brutalement possible", explique-t-on dans l'entourage de Gilles de Robien. Les tentatives précédentes montrent la difficulté de l'exercice.
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這篇文章主要是在提出對於ZEP(教育優先區)的審視~
在郊區暴動平息之後,法國政府不斷從教育、內政、勞工等方面提供改善的方案。而ZEP和REP便是針對學習不利區域所提供的補助措施。
只是1981年提出並於82年施行的教育方針,
經過20年,學校數量從當初的362到今日的 1618 (REP:911 ZEP:707),
大約有五分之一的中小學生隸屬其中。
而且教師的數量比一般學校高10%,並有額外的教學基數。
然而在眾多補助措施之下,令人喪氣的是,這些學生的學習成果仍維持低迷。在國中階段後,約四分之一ZEP和REP的學生無法具有學習基本能力,比例遠高於一般學校的15%。
而今年九月由INSEE針對1982-1992十年間ZEP的研究,其結果顯示ZEP的設置與幫助學生學習成就毫無影響。
然而,許多學者紛紛表示,該停止ZEP在數量上的擴張或是把全部心力關注在5%的學生身上~而更該集中於質量上的提升,其相關措施之一:降低班級學生人數至18人。
法國政府是否有能力改善並提升不利區域?學者認為他們將抱持檢視的觀點,把負面影響的層面降到最低。
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正如文中所說得,不斷在量上面提升,一方面在前年卻刪減教育人員的預算。直至今年暴動發生之後,政府才緊急提出徵募三千教育相關人員進駐的政策。
老實說,法國政府對這些人民不好嗎?補助、教育機會、津貼等等各方面,只是在如此競爭的社會,要如何幫助他們走出泥沼?
教育是第一道關卡,難免引人注目,只是為了幫助他們平順渡過學習階段,沒想到如此困難~
PS:早在碩士班時就接觸ZEP的議題,我印象中似乎是由英國開始倡導的。只是這項計畫在英美似乎已宣告失敗?這還需要達人來印證一下。
Le ministre de l'éducation nationale, Gilles de Robien, doit, d'ici à la mi-décembre, présenter un plan pour la rentrée 2006. Le premier ministre lui a fixé sa feuille de route : "Concentrer les moyens sur les établissements où les difficultés sont les plus lourdes."
Au fil des réformes et des gouvernements, les établissements classés en ZEP se sont multipliés, entraînant une dilution des moyens et une perte d'efficacité. Lancée par la gauche en juillet 1981, cette politique de "discrimination positive" mise en oeuvre par Alain Savary, alors ministre de l'éducation nationale, entendait lutter contre l'échec scolaire et "faire plus pour ceux qui ont moins".
Dès la rentrée 1982, écoles, collèges et lycées professionnels les plus en difficulté reçoivent des moyens pédagogiques supplémentaires et bénéficient d'une baisse du nombre d'élèves par classe. A charge pour eux, avec leurs partenaires, collectivités locales, associations et services sociaux, "d'aider les jeunes à passer de l'échec à l'espoir".
SIGNES D'ESSOUFFLEMENT
A l'époque, le travail de repérage des établissements prend en compte les caractéristiques scolaires des établissements (taux de préscolarisation, retard en 5e, taux d'accès en classe de 3e générale), mais aussi des données économiques, démographiques, sociales et culturelles (taux de chômage, qualité de l'habitat, niveau de formation de la population du quartier, etc.).
Très vite, les ZEP montrent des signes d'essoufflement. Elles n'apportent pas les résultats escomptés. En 1984, Jean-Pierre Chevènement, installé rue de Grenelle, plaide pour un recentrage sur les apprentissages fondamentaux en ZEP. En 1990, Lionel Jospin, devenu ministre de l'éducation nationale, se lance dans une réforme d'ampleur. Elle prévoit la création, dans chaque ZEP, d'un poste de coordonnateur et revalorise le métier d'enseignant dans ces zones difficiles avec la création d'une "indemnité de sujétion spéciale". Le nombre de ZEP est passé de 362 en 1982 à plus de 500.
En 1997, Ségolène Royal, ministre déléguée à l'enseignement scolaire, remet l'ouvrage sur le métier. Elle se fonde sur le diagnostic de deux inspecteurs généraux, Catherine Moisan et Jacky Simon, qui préconisent un ajustement de la carte, davantage d'évaluation et de pilotage, ainsi qu'un recentrage des contenus d'enseignement. Des assises nationales se tiennent à Rouen, en juin 1998. A cette occasion, Lionel Jospin, devenu premier ministre, insiste sur la nécessité de revoir leur implantation, déplorant que 39 % des collégiens de la Nièvre soient en ZEP, contre 19 % en Seine-Saint-Denis. "C'est une question qui doit être réglée pour la rentrée 1999", tranche-t-il.
C'est sans compter avec les résistances des parents d'élèves, des élus locaux et des enseignants, inquiets à l'idée de perdre le label et les moyens pédagogiques et — pour les enseignants — les indemnités qui vont avec. Le nombre de ZEP passe de 558 en 1997 à 670 en 1999. Sont, en outre, créés des réseaux d'éducation prioritaire, les REP, sorte de catégorie intermédiaire entre ZEP et non-ZEP.
"UN VRAI PILOTAGE"
Aujourd'hui, on compte 911 REP et ZEP (707), qui rassemblent près d'un écolier ou collégien sur cinq. Selon le ministère de l'éducation, les établissements concernés reçoivent en moyenne 10 % de postes d'enseignant et de crédits pédagogiques supplémentaires, et bénéficient d'environ deux élèves en moins par classe. Mais les résultats scolaires y restent faibles. A la fin du collège, plus d'un quart des élèves de ZEP ne maîtrisent pas ou maîtrisent mal les compétences générales requises par les programmes (contre 15 % des élèves hors ZEP). En septembre, une étude publiée par l'Insee sur la période 1982-1992 indiquait que les ZEP n'avaient eu aucun impact sur la réussite des élèves.
Faut-il, pour autant, "déposer le bilan" ? Les experts affirment qu'elles ont évité que les élèves les plus en difficulté s'enfoncent davantage et que les écarts se creusent, alors que les conditions sociales et scolaires se dégradaient.
L'allégement de la carte apparaît — une fois de plus — comme la solution pour sortir de l'impasse. "Il faut arrêter le saupoudrage des moyens et mettre le paquet sur les 5 % d'élèves les plus en difficulté", préconise le président de l'Observatoire des zones prioritaires (OZT), Nicolas Renard, principal du collège André-Malraux, dans la ZEP d'Asnières (Hauts-de-Seine). "Il faut mettre en oeuvre un vrai pilotage, poursuit-il. Cela ne peut pas fonctionner si chaque ZEP est laissée face à elle-même, comme c'est le cas depuis quatre ans."
Réduire le nombre de zones permettrait, en concentrant les moyens, de diminuer de manière plus significative les effectifs des classes. "Pour être efficace, il faudrait ramener le nombre des élèves de ZEP à 18 par classe", estime l'économiste Thomas Piketty, directeur d'étude à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Dans une étude récente, il montre l'impact positif sur les résultats scolaires d'une telle mesure en CE1. Prochainement, le chercheur devrait publier une nouvelle étude concernant, cette fois, le collège. "Il semblerait que les effets de diminution des classes y soient moins forts, explique-t-il. Dans ce cas, ce serait donc au niveau de l'école primaire qu'il faudrait concentrer les efforts."
Le gouvernement parviendra-t-il à mener à bien ce chantier ? "On essaie de voir comment la révision de la carte pourrait être mise en oeuvre le moins brutalement possible", explique-t-on dans l'entourage de Gilles de Robien. Les tentatives précédentes montrent la difficulté de l'exercice.
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這篇文章主要是在提出對於ZEP(教育優先區)的審視~
在郊區暴動平息之後,法國政府不斷從教育、內政、勞工等方面提供改善的方案。而ZEP和REP便是針對學習不利區域所提供的補助措施。
只是1981年提出並於82年施行的教育方針,
經過20年,學校數量從當初的362到今日的 1618 (REP:911 ZEP:707),
大約有五分之一的中小學生隸屬其中。
而且教師的數量比一般學校高10%,並有額外的教學基數。
然而在眾多補助措施之下,令人喪氣的是,這些學生的學習成果仍維持低迷。在國中階段後,約四分之一ZEP和REP的學生無法具有學習基本能力,比例遠高於一般學校的15%。
而今年九月由INSEE針對1982-1992十年間ZEP的研究,其結果顯示ZEP的設置與幫助學生學習成就毫無影響。
然而,許多學者紛紛表示,該停止ZEP在數量上的擴張或是把全部心力關注在5%的學生身上~而更該集中於質量上的提升,其相關措施之一:降低班級學生人數至18人。
法國政府是否有能力改善並提升不利區域?學者認為他們將抱持檢視的觀點,把負面影響的層面降到最低。
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正如文中所說得,不斷在量上面提升,一方面在前年卻刪減教育人員的預算。直至今年暴動發生之後,政府才緊急提出徵募三千教育相關人員進駐的政策。
老實說,法國政府對這些人民不好嗎?補助、教育機會、津貼等等各方面,只是在如此競爭的社會,要如何幫助他們走出泥沼?
教育是第一道關卡,難免引人注目,只是為了幫助他們平順渡過學習階段,沒想到如此困難~
PS:早在碩士班時就接觸ZEP的議題,我印象中似乎是由英國開始倡導的。只是這項計畫在英美似乎已宣告失敗?這還需要達人來印證一下。
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